Mes premières impressions sur la Surface Book

Oui je sais, la Surface Book est disponible depuis déjà un peu plus d’un an. Cependant j’ai décidé de l’acheter cette semaine alors que le produit m’intéressait déjà dès sa sortie. Après quelques jours d’utilisation qu’en est-il et surtout en quoi se démarque-t-elle d’une Surface Pro?

La Surface Pro en mieux

Je travaille tous les jours avec une Surface Pro depuis la sortie de la Surface Pro 1. En effet j’ai acheté la première version le jour de sa sortie et l’entreprise pour laquelle je travaille me fournit une Surface Pro 3 depuis déjà presque 2 ans. Je suis donc un habitué de la marque Surface et j’adore le concept surtout depuis la sortie de Windows 10 qui propose enfin une expérience tactile aboutie.

Pour la moi la fonctionnalité la plus intéressante de la Surface Pro c’est la possibilité de détacher le clavier et d’utiliser l’écran comme une tablette pour prendre des notes et dessiner. Lorsque j’explique cela mes interlocuteurs ont tendance à rester perplexes, « quoi tu utilises le stylet pour prendre des notes? Mais ce n’est pas plus efficace au clavier? ». Puis je leur montre le contenu de mon OneNote qui contient toutes mes notes prises en réunion que ce soit dans le domaine professionnel ou même personnel. A ce moment ils sont alors surpris par la qualité de l’écriture et les possibilités qu’offre Windows 10, la Surface et la suite Office.

Au clavier vous êtes très limité, tout le monde place les notes sous forme d’une simple liste de points. Pas le temps de formatter, pas le temps d’illustrer les idées. Avec mon stylet non seulement je note les points importants mais d’un geste je peux les mettre en valeur, j’appuie un tantinet plus fort, le trait grossit et instantanément l’élément ressort sur la page. Un autre geste pour sélectionner une couleur plus aggressive et je suis certain de ne pas oublier l’élément important que je viens de souligner. Une idée complexe? Rien de mieux qu’un dessin rapide et quelques flèches pour faire passer le message.

Une fois toutes les idées précieusement mises à plat, d’un toucher du doigt les notes sont converties en PDF et envoyées à tous les participants de la réunion. Et évidemment si à un moment de la rencontre il faut réaliser une démo technique du logiciel que je suis en train de développer, rien de plus simple, on rebranche d’un mouvement l’écran au clavier, je connecte le vidéoprojecteur au port mini-displayport et je peux exécuter le logiciel en question.

Alors évidemment cela sonne comme une vidéo de présentation de Microsoft mais je vous garantis que je fais cela chaque jour à mon bureau, c’est devenu ma façon de travailler et j’aurais aujourd’hui beaucoup de mal à revenir en arrière car le gain de productivité est énorme.

Evidemment la Surface Pro et la Surface Book c’est également la possibilité d’utiliser l’écran comme tablette pour consommer du contenu, lire des articles, regarder des vidéos que cela soit dans le train ou affalé dans votre canapé. Depuis les améliorations d’ergonomie apportées par Windows 10 je me sers de la Surface Pro chez moi comme je me servais auparavant de mon iPad. Je regarde la météo le matin, les nouvelles et commente les publications de mes amis sur Facebook. Une fois par semaine j’appelle mes parents qui sont à l’autre bout du monde à l’aide de Skype. Tout cela sans clavier ni souris, comme on le ferait avec un iPad mais sous Windows.

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Alors si tout cela est possible avec une Surface Pro, pourquoi acheter la Surface Book? Et bien il y a une chose qui n’est absolument pas adaptée à la Surface Pro : la productivité en dehors du bureau. Il est très compliqué de se servir du clavier et du touchpad si la Surface Pro n’est pas posée sur une surface plane. C’est donc un vrai calvaire de s’en servir assis dans un fauteuil, allongé sur un canapé ou même dans le lit. Les journalistes anglophones ont même inventé un terme pour désigner le problème : « lapability ». C’est la capacité à travailler avec une Surface Pro ou autre appareil du même genre, sur ses genoux. En français on traduirait par « genouabilité ». Je sais c’est magnifique. Même si la Surface Pro 3 est bien plus stable que les deux générations précédentes je ne vous recommande vraiment pas d’essayer cela sur de longues périodes au risque de tout faire tomber.

En revanche la Surface Book n’a pas ce problème, lorsque l’écran est solidement attaché à la charnière c’est véritablement un ordinateur portable et c’est là que la Surface Book se différencie de tout ce qui est aujourd’hui présent sur le marché. Vous disposez de toutes les possibilités d’une Surface Pro et de celles d’un ultrabook.

L’écran

Premier point, l’écran tactile de 13.5″. Sur une Surface Pro 4 on parle de 12.3″ ce qui est vraiment très bien pour la prise de notes surtout en mode portrait. En effet l’appareil offre alors des dimensions similaires à celle d’un bloc-notes papier classique.
La Surface Book avec une diagonale plus grande offre une meilleure expérience que la Surface Pro lorsque vous travaillez avec le clavier. Lorsque vous utilisez uniquement la tablette cela peut paraître vraiment grand mais c’est en fait très agréable pour prendre des notes ou dessiner d’autant plus que la tablette est très légère. En fait c’est même assez étonnant mais la tablette est bien plus légère que ce à quoi on s’attend. Je n’ai donc aucun mal à l’utiliser pour lire mes actualités le matin dans mon canapé.

La luminosité de cet écran est vraiment excellente. En ce qui me concerne j’ai rarement eu l’occasion de travailler sur un écran aussi lumineux. Par défaut Windows 10 adapte automatiquement la luminosité en fonction de la lumière ambiante, cela permet d’économiser de la batterie et aussi de reposer vos yeux. Cette option fonctionne très bien et il n’est pas vraiment nécessaire de modifier le réglage sauf lors de la lecture d’un film où je trouve la luminosité automatique un peu basse à mon goût.

Avec une résolution de 3000×2000 la Surface Book offre une densité qu’Apple qualifierait de « Retina » et qui dépasse même celle d’un MacBook Pro Retina. C’est donc un écran extrêmement détaillé qui ravira notamment les photographes.

Le stylet

La prise de notes étant mon usage principal de ma Surface Pro 3, ce sera certainement le cas également avec la Surface Book d’ici les semaines et mois qui viennent. J’ai passé beaucoup de temps avant de l’acheter à tester le stylet afin de m’assurer que je retrouvais la même qualité et précision. C’est le cas évidemment, le stylet comporte maintenant une face aplatie qui améliore la prise en main et la gomme fait son retour sur le dessus du stylet comme c’était le cas avec la Surface Pro 1. Ainsi il suffit de retourner le stylet pour effacer sans avoir à presser le moindre bouton. C’est intuitif et fonctionne parfaitement.

Le stylet est aimanté et se fixe sur le côté gauche de l’écran. L’aimant est assez fort et dans mon cas je n’ai aucun problème avec ce type de fixation je le préfère de loin à la fixation de la Surface Pro 3 qui consistait en une petite bague fixée au clavier dans laquelle on faisait glisser le stylet.

Le stylet est toujours sensible à la pression ce qui permet de faire varier l’épaisseur de votre trait en fonction de la force que vous exercez. Là encore c’est très intuitif et fonctionne parfaitement mais dépend également du logiciel que vous utilisez. Il se peut donc que ce ne soit pas toujours disponible.

Le clavier

Je suis assez difficile sur les claviers, en effet j’ai été habitué aux claviers ThinkPad font partie des meilleurs disponibles sur le marché. Celui de la Surface Book n’a rien à voir avec celui d’une Surface Pro qui n’est pas totalement robuste. C’est très agréable, les touches ont une bonne course ce qui offre un bon retour. La pression nécessaire pour enfoncer une touche est un petite trop importante à mon goût mais c’est avant tout une question de préférence.

La disposition des touches est classique, j’aime les indicateurs lumineux sur les touches Fn et Caps Lock. Je ne comprends pas que certains constructeurs retirent ces leds, je trouve cela tellement pratique de pouvoir vérifier en un coup d’oeil si les majuscules sont bloquées ou non.

Les touches sont de type « ilôt » cela signifie qu’il y a un léger espace entre chacunes d’elles, là encore c’est une question de préférence. En ce qui me concerne je trouve cela très confortable.

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Enfin le rétroéclairage est de la partie ce qui me semble indispensable sur un ordinateur portable. Il y a 3 niveaux de luminosité disponibles qui se changent à l’aide d’une touche de fonction. En journée il les touches étant grises je vous déconseille d’allumer le rétroéclairage qui rend alors les touches moins lisibles.

C’est donc un excellent clavier bien qu’un peu trop ferme à mon goût. J’adore le fait que rien ne se déforme du tout quelle que soit la pression que vous exercez sur les touches ou la base. La qualité de fabrication est vraiment très élevée, pour moi on a le même niveau de précision et de qualité qu’un appareil Apple ce qui est très rare voir impossible à trouver habituellement sur une machine Windows.

Les performances

Je ne vais pas m’attarder sur les performances, il vous suffit de regarder les specs et de chercher des benchmarks sur Internet, il y en a partout. C’est une machine puissante qui n’aura aucune difficulté à faire tourner n’importe quelle application bureautique évidemment mais qui sera également à l’aise avec un Adobe PhotoShop, Premiere ou même Visual Studio dans mon cas.

J’ai choisi le Core i5 plutôt que le Core i7 car je ne pense pas avoir besoin de la puissance CPU du Core i7. Je suis aussi toujours un peu sceptique d’un Core i7 dans un appareil aussi fin, je ne suis pas fan des bruits de ventilateur et préfère que la machine ne chauffe pas. Je ne peux donner mon avis concernant le Core i7 mais avec mon i5 la Surface ne chauffe pas du tout et je n’entends presque jamais les ventilateurs.

La qualité de fabrication

J’ai évoqué la qualité de fabrication lorsque je parlais du clavier mais il fallait que je fasse un paragraphe juste sur ce point. L’assemblage de cette machine est tout simplement parfait. Les matériaux sont très agréables, le magnésium donne un look similaire à l’aluminium mais me semble moins susceptible de plier ou s’abîmer lors d’un choc.

On notera également la qualité de la charnière qui connecte l’écran à la base. Le fait de toucher l’écran ne le fait pas du tout bouger ce qui est très agréable étant donné qu’il s’agit d’un écran tactile. Tous les éléments sont parfaitement assemblés et on ne trouve aucun jeu. J’ai eu beau appuyer très fort un peu partout sur la base, je n’ai pas réussi à provoquer la moindre flexion.

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Si vous avez l’habitude du matériel Apple alors vous serez étonné de retrouver le même niveau de qualité sur une machine Microsoft.

Connectivité

La base de la Surface Book comporte deux ports USB 3, un lecteur de carte SD, un port mini display-port ainsi qu’un port propriétaire permettant de charger la Surface.

Concernant l’USB je trouve dommage qu’il n’y ait pas un troisième port sur l’écran lui-même, cependant je constate que l’écran en lui-même est plus fin que celui d’une Surface Pro et j’ai l’impression qu’il serait compliqué d’y inclure un port USB. La plupart du temps on ne se sert pas des ports USB en mode tablette mais j’utilise parfois un casque Logitech G933 qui nécessite un dongle USB et dans ce cas je ne peux pas détacher l’écran de la base. C’est vraiment un besoin particulier et dans 95% des cas cela ne devrait pas vous poser problème.

Le lecteur de carte SD est un must-have pour moi. Soyons clairs, tous les constructeurs d’appareils photo numériques utilisent aujourd’hui des cartes SD. On trouve également des Compact Flash sur certains modèles professionnels mais ils disposent aussi de SD Card. De plus le transfert des photos en WiFi est tout simplement horrible. J’ai cette fonctionnalité sur mon Canon 70d mais je n’utilise jamais car ce n’est tout simplement pas pratique, fastidieux à configurer, cela bouffe de la batterie inutilement et en plus c’est lent.

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Alors quel bonheur pour les photographes d’avoir un lecteur de carte SD directement dans la Surface Book. Cela évite de devoir trimballer un lecteur de carte externe ce qui est fort agréable.

Enfin le port propriétaire permettant de charger la Surface Book est magnétique et se détache très facilement. Aucun risque donc de faire tomber votre Surface même si de mon expérience cela n’a jamais été un problème sur aucun de mes Laptops qui ne disposaient pas de connecteur magnétique. Il faut croire que je sais où je mets les pieds.

Le prix

Bien souvent j’entends la même réflexion lorsque je parle des Surface Pro ou Surface Book : « ok c’est super mais qu’est ce que c’est cher ». Oui c’est vrai la gamme Surface est une gamme qui s’adresse aux professionnels et ce sont des appareils haut de gamme dont le prix est élevé.

Néanmoins je ferai remarquer que les Surface se trouvent dans la même fourchette de prix que les MacBook Pro. En effet le modèle que j’ai sélectionné est exactement 100$ plus cher que le dernier MacBook avec la Touch Bar et des performances équivalentes. Cependant la Surface Book offre un écran tactile (c’est en soit du matériel très cher) qui est détachable pour la même qualité de fabrication. En ce qui me concerne la Surface Book m’offre beaucoup plus de possibilités pour 100$ de plus.

Maintenant si on oublie quelques minutes la comparaison avec les machines Apple, alors la Surface Book est certainement l’un des ordinateurs portables Windows les plus chers disponibles sur le marché. Cependant c’est également l’un des mieux conçus selon moi et qui offre un design unique. Si vous êtes un professionnel le prix ne sera probablement pas un problème, dans le cas contraire alors la facture est salée et beaucoup préféreront sacrifier un peu de qualité pour des alternatives moins honéreuses.

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6 réflexions au sujet de « Mes premières impressions sur la Surface Book »

    1. On est d’accord qu’il n’y a aucune chance que je décide de changer la mémoire vive du coup. Très intéressant de savoir comment c’est assemblé. Merci pour le lien.

  1. Tu ne me donnes qu’une envie…que mon lenovo Yoga devienne obsolète ou se casse pour investir dans ce petit bijou…. bravo pour cet article si précieux d’informations.

    1. Oui c’est vraiment une machine qui donne envie. Je l’ai d’ailleurs achetée avant tout pour le plaisir de découvrir un design innovant. Pour le moment je ne suis pas déçu.

  2. Je l’utilise au travail depuis près d’un an (payé par mon employeur) et je l’aime beaucoup! Je n’utilise pas le stylet autant que j’imaginais au départ par contre. Super article.

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