Test du Fuji X-T3

Ça y est, j’ai fait « le switch ». Mon Canon 70D est maintenant posé sur l’étagère et le Fuji X-T3 a pris sa place dans mon sac. J’ai reçu l’appareil le 20 septembre (jour de sa sortie en Amérique du Nord) et j’ai eu l’occasion de passer quelques heures à l’utiliser dans des conditions réelles alors je vous livre ici mes impressions concernant ce nouveau boîtier.

Petite intro

Il y a une semaine je publiais sur ce blog un article expliquant les raisons qui m’ont poussé à changer mon matériel Canon pour le Fuji X-T3. Maintenant que j’ai l’appareil en main le but est de repasser sur les différents éléments qui avaient orienté mon choix et de constater si les performances sont à la hauteur des spécifications.

À noter que je n’ai pas encore testé les fonctionnalités vidéos en détail (il me manque un filtre neutre variable 58mm pour cela) qui étaient pourtant très importantes pour moi. Ce n’est pas grave, on commence avec des éléments en général puis orientés photo. Je publierai quelque chose concernant la vidéo par la suite.

Design, qualité de fabrication et encombrement

Si en plus c’est beau…

Le design n’était absolument pas un élément que je considérais dans la sélection d’un nouvel appareil. Cependant je considère que c’est un plus. Bien que cela n’impacte en rien la qualité des images produites c’est toujours agréable d’avoir en mains un produit beau à regarder. Sur ce point les appareils Fuji sortent vraiment du lot en proposant un design rétro qui ne passe pas inaperçu. Bref, un détail qui fait plaisir et après tout ne fait-on pas de la photographie pour le plaisir?

Il est pas beau hein?

Ça c’est du solide

En ce qui concerne la qualité de fabrication il faut savoir que cet appareil est fabriqué en Chine alors que les versions précédentes étaient faites au Japon (je ne sais pas si c’était le cas de l’ensemble de la gamme Fuji mais j’en suis certain pour ce qui est du X-T1 et X-T2). Lorsque Fuji a annoncé cela nombreux sont ceux qui se sont demandé si la qualité de fabrication allait être à la hauteur de la réputation de Fuji en la matière. J’ai eu l’occasion de tester le X-T2 et c’est en tout point comparable. Il n’y a donc pas de crainte à avoir de ce côté.

Les contrôles sont robustes y compris les molettes de commande

Ainsi ce boîtier est d’une qualité de fabrication exceptionnelle. Le métal est omniprésent et les boutons semblent particulièrement robustes. J’ai tout de suite eu un sentiment de confiance en prenant l’appareil en main, on sent qu’il s’agit d’un produit de gamme professionnelle, le genre de boîtier qui ne vous lâchera pas au milieu d’un voyage.

La robustesse était un élément important dans ma « checklist » et pour le moment le besoin est largement rempli.

Il est mignooooonnnn

Tout ce qui est petit est mignon c’est bien connu. Et bien dans ce cas le X-T3 est très mignon car en comparaison avec mon Canon 70D il semble vraiment être un appareil « de poche ». Evidemment cela dépend beaucoup de l’objectif que vous utilisez mais avec le XF 18-55 f/2.8-4 que j’ai choisi c’est un ensemble qui est à la fois polyvalent tout en restant très discret.

La différence de poids avec mon ancien matériel est également impressionnante. Le boîtier, l’objectif 18-55mm avec le pare soleil, deux cartes SD et la batterie représentent un total de 864g, c’est à peine plus que le boîtier du 70D à lui tout seul qui combiné avec mon Sigma 18-35mm f/1.8 pèse 1.6kg. C’est donc un énorme changement et cela se sent vraiment dans le sac (qu’il soit à bandoulière ou à dos d’ailleurs).

Le Fuji X-T3 et le XF 18-55 pèsent deux fois moins que ma configuration actuelle

Là encore le X-T3 répond bien à mes besoins car il va me permettre de profiter d’avantage de mes voyages grâce à un encombrement réduit. C’est de la place en plus dans mon sac et de la fatigue en moins à la fin de la journée.

L’ergonomie

De nouveau un gros changement en comparaison avec mon Canon. Non pas que je n’aime pas l’ergonomie du 70D. Bien au contraire j’adore le positionnement des boutons et les fonctionnalités de ce boîtier. C’était donc un risque que je prenais en allant chez un constructeur comme Fuji qui a une approche radicalement différente de ce qui se fait sur le marché en général.

La guerre des boutons

Au départ cela prend un certain temps d’adaptation c’est évident. Je pense d’ailleurs que c’est le cas que l’on soit habitué à Canon, Nikon ou Sony. En effet Fuji a décidé d’offrir des contrôles physiques pour chaque élément qui contrôle l’exposition finale de l’image. Ainsi on trouve une molette pour régler la sensibilité ISO, une pour la vitesse d’obturation, une pour la compensation de l’exposition, l’ouverture se règle par une bague sur l’objectif, le mode autofocus fait l’objet d’un commutateur spécifique tout comme la méthode de mesure de l’exposition ou encore le mode de prise de vue (rafale ou non). Bref à ma connaissance Fuji est le seul constructeur à proposer autant de contrôles physiques dédiés (j’entends par là qui ne changent pas de fonction selon le mode dans lequel se trouve l’appareil).

Au final je suis très satisfait de l’ergonomie de l’appareil et des possibilités de personnalisation. Il y aurait tant de choses à dire alors voici plutôt une liste des éléments que je préfère:

  • Beaucoup de boutons sont personnalisables (9 physiques et 4 actions gestes tactiles).
  • Les molettes pour contrôler l’ISO et la vitesse sont très agréables à utiliser et se bloquent à l’aide d’un petit bouton sur le dessus.
  • Le joystick est très bien conçu, il est précis et rapide. C’est une fonctionnalité très pratique pour déplacer rapidement  le point Autofocus dont je ne pourrais plus me passer. En ce qui me concerne je l’aurais positionné un peu plus haut (à la place du bouton Q) mais c’est un détail, on s’y habitue.
  • J’adore le contrôle de l’ouverture sur l’objectif. C’est très intuitif.
  • L’écran tactile est réactif et offre de nombreuses fonctionnalités intéressantes (on tape deux fois l’écran pour zoomer dans l’image par exemple ou encore les 4 gestes tactiles qui permettent de modifier l’affichage dans le viseur sans avoir à le quitter des yeux (ou de l’oeil devrais-je dire).

Bien que tout cela soit très agréable à utiliser la question est de savoir si c’est plus efficace que le système Canon. Pour être franc je ne suis pas encore convaincu. Par exemple avec mon 70D il m’était possible de changer l’ISO tout en gardant l’oeil dans le viseur à l’aide du bouton ISO accessible avec l’index droit puis en utilisant la molette de commande avec le pouce. Avec le X-T3 l’ISO étant controlée par la bague sur le dessus du boîtier c’est impossible de le faire avec un doigt. Il faut donc quitter le viseur et utiliser sa main gauche pour changer le réglage. C’est d’ailleurs le même problème avec la vitesse d’obturation.

Je n’avais pas émis de besoin en particulier concernant l’ergonomie car j’estimais être en mesure de m’habituer au système. Au final j’adore l’expérience, c’est plus agréable à utiliser que les systèmes Canon à mon avis mais peut-être moins rapide dans l’absolu.

Auto-focus

Je n’avais pas indiqué un meilleur auto-focus comme étant un des mes besoins car le 70D est très efficace en vidéo grâce au système Dual-Pixel AF dont il est équipé. J’aurais dû indiquer qu’un système au moins équivalent serait apprécié voir même nécessaire, c’est un oubli de ma part dans mon article précédent mais c’est pourtant bien un point que j’ai pris en compte lors de mon choix.

L’auto-focus pour la vidéo

En mode vidéo comme je le disais je n’ai pas encore eu l’occasion de tester suffisamment mais je sais que je ne vais pas retrouver cette mise au point très naturelle que procure le Dual-Pixel AF de Canon. Ce système est vraiment très bien conçu et permet d’obtenir des résultats très doux lorsque la mise au point passe d’un sujet à un autre. Dans le cas du X-T3 la mise au point ne se fait pas progressivement mais plutôt subitement ce qui est moins agréable à regarder. Je rentrerai dans les détails lorsque j’aurai eu l’occasion de tester cela plus en profondeur. J’expliquerai aussi pourquoi je ne pense pas que cela soit un enjeu important à ce moment-là.

L’auto-focus pour la photographie

En ce qui concerne l’usage de l’auto-focus pour de la photographie j’ai eu d’avantage l’occasion de tester les capacité de l’appareil. Il y a ici une différence énorme entre les 19 points auto-focus qu’offre mon 70D étendus sur seulement 30% de l’image et les 425 points du X-T3 qui couvrent 100% de l’image. De plus étant donné qu’il s’agit d’un mirrorless on bénéficie de fonctionnalités qui sur un reflex ne sont disponibles que lorsqu’on utilise l’écran et non le viseur (détection des visages ou suivi d’un sujet par exemple).

J’ai évidemment testé la détection des visages et la mise au point sur l’oeil qui permet de suivre l’un des yeux de votre sujet et de faire la mise au point sur cet oeil. Cela fonctionne plutôt bien, le suivi est réactif et les résultats sont très satisfaisants. Je n’ai pas eu l’occasion de tester les boîtiers Sony mais il semblerait qu’ils soient plus efficaces sur cette fonctionnalité. Pour moi cela couvre parfaitement mes besoins car je ne photographie pas beaucoup de portraits, lorsque c’est le cas c’est principalement des photos « souvenirs » avec des amis. Cela me permettra de retourner chez moi avec d’avantage de photos exploitables.

Tracking Auto-focus

La couverture de l’image à 100% par l’auto-focus est un avantage non négligeable. Auparavant je devais utiliser la technique de recomposition qui consiste à utiliser pointer l’un des points auto-focus (celui du centre habituellement) sur le sujet sur lequel on souhaite faire la mise au point, à faire la mise au point, la maintenir (soit en maintenant le déclencheur partiellement enclenché soit en utilisant le bouton « back focusing »), puis recomposer l’image comme on le souhaitait au départ et enfin prendre la photo. C’est une technique de base utilisée par une grande majorité de photographes et on s’y habitue mais il y a certaines situations où c’est loin d’être efficace ou même utilisable et où il est dans ce cas préférable de passer en manuel. Désormais je ne connais plus cette limitation car il m’est possible de placer le point auto-focus n’importe où dans l’image et de le déplacer rapidement à l’aide du Joystick.

Aucun rapport avec le Joystick mais il est possible de configurer le suivi selon le type de sujet / mouvement.

En parlant du Joystick je n’imaginais pas à quel point cela était utile pour positionner le point auto-focus. Sur mon 70D j’ai une sorte de bouton directionnel qui permet pourtant d’aller dans toutes les directions mais ce n’est tout simplement pas comparable. Autant la plupart du temps je préférais utiliser le point du centre et recomposer mon image autant avec le X-T3 je n’hésite plus à le déplacer en fonction de ma composition. C’est vraiment rapide et précis. Il est possible d’appuyer sur le joystick ce qui permet de sélectionner la taille de la zone d’auto-focus tout en restant l’oeil dans le viseur.

Changement de la taille de la zone d’auto-focus

RAW, JPEG et simulations de films

Un support des fichiers RAW limité

Pour le moment le support des fichiers RAW du X-T3 est assez limité. J’imagine que cela est dû au nouveau capteur: le X-Trans 4 qui est utilisé pour la première fois dans cet appareil. Ainsi vos fichiers RAW ne sont pas encore utilisables dans Lightroom, il faut attendre une mise à jour d’Adobe qui ne devrait plus trop tarder on l’espère.

Capture One supporte déjà le X-T3

Néanmoins Lightroom n’est pas la seule option. En effet Phase One vient d’annoncer le support des appareils Fuji dans Capture One (à l’occasion de l’annonce de Fuji concernant deux nouveaux boîtiers medium-format). Une version Express existe spécifiquement pour les appareils Fuji et est fournie gratuitement par Phase One. Elle est limitée par rapport à la version payante mais elle permet de développer vos fichiers RAW pris avec le X-T3 dès aujourd’hui. Suivez ce lien pour télécharger la version gratuite: Capture One for Fuji Express.

RAW Converter EX 3.0 – Heureusement l’appareil n’est pas à l’image de cet outil

Sur le site de Fuji on trouve également un convertisseur de fichiers RAW compatible avec le X-T3. Le logiciel est développé par SILKYPIX et s’apparente au module Camera RAW d’Adobe. Ainsi il est n’est pas question de gérer une bibliothèque de photos mais simplement d’appliquer des ajustements à vos fichiers RAW avant de les convertir dans un autre format utilisable dans d’autres logiciels par la suite (dont Lightroom par exemple). J’ai testé rapidement cet outil mais pour moi je le considère inutilisable. En effet il est particulièrement lent. Et non cela ne vient pas de ma machine puisque je traite tout cela sur ma config de gaming (voir article à ce sujet) qui est capable d’éditer de la 4K dans Adobe Premiere sans problème.

Enfin on trouve un dernier outil pour le moins original également fourni par Fuji: Fujifilm X RAW Studio. C’est encore une fois un convertisseur de RAW mais qui utilise le processeur de votre appareil photo Fuji pour réaliser le développement des fichiers RAW. Il faut en effet brancher votre appareil en USB à votre ordinateur et le configurer dans un mode particulier:

Il faut configurer l’appareil dans un mode spécifique en premier lieu

Puis il est possible grâce à l’application d’ouvrir n’importe quel fichier RAW se trouvant sur votre ordinateur (et non sur l’appareil) et d’y appliquer des ajustements. Une fois satisfait avec vos réglages vous pouvez exporter le résultat en JPEG ou TIFF. C’est une fonctionnalité assez intéressante je trouve car elle ne dépend absolument pas de la configuration de votre ordinateur. Vous pouvez donc à priori développer vos images sur une machine très peu performante puisque c’est votre appareil photo qui fait tout. Les performances sont d’ailleurs bien meilleures qu’avec l’outil RAW Converter.

Les réglages sont limités mais l’essentiel est là.

Il est possible d’appliquer les mêmes simulations de films que celle disponibles dans l’appareil sur n’importe quel fichier RAW. Il est à noter que vous pouvez d’ailleurs réaliser les mêmes opérations directement sur l’appareil et de convertir les fichiers en JPEG « on-the-go » sans avoir besoin d’utiliser un ordinateur. C’est donc une autre option mais il faut se contenter de l’écran de 3″ pour faire les réglages.

Simulations de films

Une force des appareils Fuji c’est la qualité des fichiers JPEGs produits. J’utilise des fichiers RAW depuis que j’ai mon 70D (et je me demande même si je ne le faisais pas avant cela avec mon 1000D) et je ne considérais pas du tout la possibilité d’enregistrer mes photos directement en JPEG lors de la prise de vue. Je ne dis pas que je vais arrêter de prendre des RAW mais il y a de fortes chances pour que j’utilise de nouveau les JPEGs dans certaines situations.

En effet Fuji offre plusieurs « simulations de films » qui permettent de reproduire le « look » qu’on pouvait avoir à l’époque de l’argentique en fonction des pellicules utilisées. Ainsi en fonction du film choisi le rendu des couleurs et le grain notamment étaient différents. Je n’attendais rien en particulier de cette fonctionnalité et pourtant je dois bien avouer que j’aime beaucoup le résultat final.

Le problème c’est que bien que ces simulations soient intéressantes cela ne va pas m’arrêter d’enregistrer mes images en RAW. En effet si la balance des blancs est mauvaise par exemple on peut facilement l’ajuster sans abîmer le fichier lorsqu’on travaille sur un RAW. En revanche avec du JPEG ce n’est pas le cas. Je me demande si la meilleure option n’est donc pas d’enregistrer les images en RAW puis d’appliquer une simulation de film au besoin à l’aide d’une des trois méthodes précédemment décrites.

En bref pas vraiment de conclusion concernant les besoins que je m’étais donnés à la base car cela n’en faisait pas partie du tout, je tenais simplement à aborder ce point car pour le moment sans le support des RAW dans Lightroom je suis plutôt « en attente ».

Autonomie

Je n’avais pas rééllement exprimé de besoin en terme d’autonomie. Ce qui était important pour moi était la possibilité de recharger l’appareil en le branchant en USB à un bloc de recharge (battery pack) afin de pouvoir le recharger en voyage même lorsqu’il est en fonction. Le X-T3 offre cette possibilité. A l’aide d’un câble USB-C il est tout à fait possible de le recharger aussi bien à l’aide d’une prise murale que d’un bloc portatif.

L’air de rien ce bloc étend l’autonomie par 8x environ

En voyage c’est donc très pratique et il faut bien reconnaître que c’est plutôt nécessaire étant donné l’autonomie plutôt réduite de l’appareil. Je n’ai pas encore réalisé suffisamment de tests pour vous donner une idée du nombre de photos qu’il est possible de prendre en conditions réelles mais évidemment on est très loin de ce qu’il m’était possible de faire avec mon Canon 70D. Est-ce un problème? Tout dépend de votre utilisation. Dans mon cas je ne fais pas de photos de mariage par exemple, je n’ai donc pas besoin de prendre 2000 clichés en l’espace d’une matinée. La plupart du temps je vais d’un endroit à l’autre (en voyage, randonnée ou en ville) et dans ce cas je peux tout à fait brancher l’appareil dans mon sac durant 15 ou 20 minutes et par conséquent le recharger.

J’ai tout de même acheté la poignée qui peut contenir 2 batteries supplémentaires. De cette façon je devrais obtenir une autonomie relativement correcte notamment pour de la vidéo. Reste à voir si c’est préférable au fait de brancher l’appareil en USB ou de changer de batterie régulièrement étant donné l’encombrement de la poignée.

En parlant de vidéo, il semblerait qu’il soit possible de filmer environ 40-45 minutes de vidéo en 4K avec une batterie. Ce n’est pas bien différent de ce que j’ai en ce moment et jusque-là cela ne m’a pas posé de problème mais en comparaison avec d’autres appareils sur le marché c’est loin d’être extraordinaire.

Qualité d’image

Comme je le disais dans mon précédent article, je ne recherchais pas forcément une meilleure qualité d’image pour ce qui est de la photographie. Je suis très satisfait des résultats de mon 70D. La plage dynamique des appareils Canon n’est pas réputée pour être la meilleure bien au contraire mais étant donné que je photographie bien souvent des paysages ou de l’architecture je suis presque toujours sur un trépied et je peux aisément prendre plusieurs clichés avec des expositions différentes puis fusionner tout cela en post-production. Ce n’était donc pas une grosse limitation pour moi (je rappelle que je parle ici de la qualité photo, pas vidéo).

Pas de surprise avec le X-T3, les images sont excellentes. Je ne vais pas entrer dans l’analyse détaillée car je ne suis pas compétent sur le sujet mais globalement je peux simplement vous dire que je suis très satisfait des résultats. Evidemment ce qui compte pour beaucoup c’est la qualité de l’objectif utilisé mais ça on le verra un peu plus loin. Je n’ai pas encore beaucoup d’exemples (il faut me laisser un peu de temps) mais ça viendra.

Image fortement redimensionnée verticalement. C’est le JPEG avec quasiment aucune correction.
Le Pont Jacques Cartier
Grande roue

Autant la qualité des photos de mon Canon me convenait autant pour la vidéo je n’étais vraiment pas satisfait des résultats. Autant dire que c’est un autre monde avec le X-T3. Non vraiment ce n’est tout simplement pas comparable. Je n’ai pas encore d’exemple à publier mais je vous promets que je vais bientôt réaliser une petite vidéo pour tester tout cela et de ce que j’ai pu tester rapidement je sais déjà que la qualité va être excellente et que mon besoin est largement satisfait sur ce point. Stay tuned!

Deux cartes SD

Fuji n’a pas commis la même erreur que Canon et Nikon en omettant un second emplacement pour carte SD. Ils sont bien là tous les deux et c’est une sécurité supplémentaire. A noter que vous ne pouvez pas utiliser les deux cartes pour sauvegarder vos vidéos, en effet il est tout à fait possible de configurer l’appareil pour enregistrer les RAW sur une carte et les JPEG sur l’autre ou bien de copier les fichiers sur les deux cartes simultanément pour réduire le risque de perte de données mais cette dernière option n’est disponible que pour les photos. Ainsi vous devrez choisir sur quelle carte vous souhaitez enregistrer vos fichiers vidéos. C’est si je ne me trompe pas assez standard comme limitation parmi les différents constructeurs.

L’appareil supporte deux cartes SD UHS-II

Etant donné que pour filmer en 4K @60fps en 400Mbps cela nécessite une carte SD UHS-II il vous est possible de sélectionner l’un des emplacements pour enregistrer vos vidéos (sur la carte la plus rapide) et enregistrer vos photos sur une carte UHS-I plus lente mais largement suffisante pour cet usage. De cette façon vous optimisez votre espace de stockage.

Kit avec objectif et poignée

J’avais plusieurs options d’achat qui m’étaient proposées:

  • Le boîtier seul
  • Le boîtier et l’objectif XF 18-55mm f/2.8-4 OIS
  • Le boîtier et la poignée VG-XT3
  • Le boîtier, l’objectif XF 18-55mm f/2.8-4 OIS et la poignée VG-XT3

Evidemment en fonction du kit sélectionné différents rabais s’appliquent. En gros lorsque vous choisissez de prendre l’objectif et le boîtier ensemble l’objectif vous revient à 500$ au lieu de 770$ environ. De plus lorsque vous prenez la poignée dans un kit elle est à 250$ au lieu de 400$.
Note: tous les prix que j’annonce sont en dollar Canadien.

Donc vous avez compris il est intéressant de prendre le kit mais cela à condition que le XF 18-55 et la poignée en vaillent la peine. Pour ce qui est de l’objectif la discussion peut être assez longue car là encore cela dépend des besoins de chacun. Cependant ce qui est certain c’est qu’il ne faut pas du tout la considérer comme une « kit lens » classique. Une Kit Lens chez les autres constructeurs c’est un objectif entrée de gamme sur lequel un rabais est appliqué avec l’achat d’un boîtier. Ces objectifs sont presque tout le temps en plastique, n’offrent pas une grande ouverture et offrent une qualité d’image souvent médiocre. Chez Fuji il en est tout autrement. Le XF 18-55mm est un zoom assez lumineux avec une ouverture de f/2.8 à 18mm qui passe à f/4 à 55mm entièrement en métal et qui offre une très bonne qualité d’image tout en étant stabilisé.

Est-ce vraiment un « kit lens »?

Cet objectif ne dispose pas de l’appelation WR ce qui signifie qu’il n’est pas résistant aux intempéries contrairement aux modèles plus haut de gamme. L’ouverture n’est pas constante non plus mais c’est aussi ce qui permet à l’objectif de rester très compact. Avec un poids de 310g il est un parfait compagnon du X-T3 pour voyager. Pour faire de la vidéo la stabilisation est un plus non négligeable considérant que le X-T3 ne dispose pas de stabilisation dans le boîtier (IBIS).

En terme de qualité d’image le choix d’un objectif est très important. L’avantage avec Fuji c’est que plus ou moins tous les objectifs sont excellents en terme de piqué. Certains sont meilleurs que d’autres évidemment mais même un objectif comme le 18-55mm qui n’est pas dans la gamme professionnelle Fuji offre des performances excellentes.

Dans les objectifs standards (équivalent 24-70mm en plein format) il y a également le XF 16-55mm f/2.8 WR qui est un cran au dessus en terme de qualité. Il est aussi plus lourd, 655g soit plus du double par rapport au 18-55mm et beaucoup plus volumineux. Il offre une ouverture constante à 2.8 et dispose de la résistance aux intempéries. Malheureusement il n’est pas stabilisé et c’est ce qui m’a dissuadé de l’acheter à la place du XF 18-55mm étant donné l’usage vidéo que je souhaite faire de mon matériel.

En revanche courant 2019 Fuji doit sortir un objectif XF 16-80 f/4 OIS WR qui proposera donc à la fois la résistance aux intempéries, une stabilisation et une plage focale très polyvalente. Il y a de fortes chances que cet objectif remplace mon 18-55mm en 2019 mais en attendant je suis très satisfait de mon objectif qui me semble être un excellent compromis entre qualité, usage vidéo et encombrement.

A la question faut-il prendre la poignée la réponse encore une fois dépend de vos besoins. Autant avec le X-T2 il était presque obligatoire de l’acheter car c’était le seul moyen d’activer le mode « boost » qui permet d’améliorer les performances de l’appareil (pour la vitesse en rafale je pense notamment), autant ce n’est plus le cas avec le X-T3. Il existe toujours un commutateur boost sur la poignée mais il ne s’agit que d’un raccourci pour une fonctionnalité qu’on peut activer depuis le menu de l’appareil même lorsque la poignée n’est pas branchée.

Je pense que pour quelqu’un qui réalise beaucoup de portraits ou qui est habitué à un boîtier plus gros et souhaite plus de confort l’achat de la poignée se justifie et évidemment il est plus intéressant de profiter du rabais avec l’achat du boîtier. En revanche pour quelqu’un qui utiliserait l’appareil principalement en voyage je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne décision. L’appareil est tout de même beaucoup plus volumineux avec cette poignée et il risque même d’avoir un peu de mal à rentrer dans certains sacs. Evidemment si vous prenez beaucoup de photos dans la même journée et ne souhaitez pas changer de batterie régulièrement c’est une bonne solution car la poignée peut contenir 2 batteries supplémentaires. Celle-ci est fournie avec un chargeur dédié pour la recharger (il faut alors brancher l’appareil et la poignée pour recharger les 3 batteries ce que je trouve peu pratique).

A noter que la qualité de fabrication de la poignée est un peu inférieure à celle de l’appareil. Le plastique semble un peu moins robuste que les quelques éléments en plastique de l’appareil. La molette de commande n’a pas non plus exactement le même touché que celles de du boîtier. Rien de grave, c’est un détail mais à 400$ la poignée lorsqu’on l’achète séparément je m’attendais à un peu mieux.

En conclusion

Je pense que vous l’aurez compris en lisant mes premières impressions, je suis très satisfait jusqu’à présent de ce nouvel appareil de Fuji. C’est un gros bond en avant en terme de fonctionnalités, de qualité vidéo, d’encombrement et de poids en comparaison avec mon réflex Canon.

Ce dont je suis certain c’est que les jours des appareils réflex me semblent comptés. Il n’y a plus rien qu’on ne puisse faire avec un réflex aujourd’hui qu’on ne puisse pas faire avec un appareil mirrorless. L’inverse en revanche n’est pas vrai. Les défauts de ces nouveaux systèmes s’estompent de plus en plus au fur et à mesure que cette technologie s’affine au point qu’ils sont désormais négligeables en comparaison des possibilités offertes.

Le gain de poids et de place à lui tout seul justifie selon moi l’achat. Quel plaisir de pouvoir se balader avec un simple sac en bandoulière sans avoir l’épaule qui vous fait souffrir au bout d’une ou deux heures.

J’ai vraiment hâte de pouvoir tester les fonctionnalités vidéo plus en détail mais j’ai déjà pu constater que la qualité de l’image est excellente. Pour moi Fuji offre un produit unique dans le marché avec un appareil relativement compact grâce au capteur APS-C  tout en offrant des fonctionnalités équivalentes ou meilleures que les équivalents plein format de Sony, Canon ou Nikon et en délivrant une qualité d’image professionnelle grâce notamment à une excellente sélection d’objectifs haut de gamme.

Une réflexion sur « Test du Fuji X-T3 »

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